Dimanche 23 octobre, des membres du conseil d’administration de l’UFM se sont rendus à Chateaubriant, c’est sous une pluie battante que le président de l’UFM, Nicola Giglio, a déposé une gerbe au pied de la stèle de Jean-Pierre Timbaud.

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Le 22 octobre 1941, vingt-sept otages sont fusillés à Châteaubriant. En début d’après-midi, ce mercredi, les Allemands regroupent les otages dans une des baraques du camp de Choisel où ils peuvent écrire une dernière lettre avant d’être conduits à la carrière de la Sablière, à la sortie de la ville, lieu de leur exécution. Celle-ci se déroule en trois salves, à 15 h 50, 16 h 00 et 16 h 10. Tous refusent d’avoir les yeux bandés et les mains liées. Ils meurent en chantant la Marseillaise.

Le même jour, seize otages sont également exécutés à Nantes, au champ de tir du Bèle, et cinq autres au Mont-Valérien.

Le lendemain, les Allemands dispersent les vingt-sept corps dans neuf cimetières des environs. Le dimanche suivant, malgré les interdictions, des fleurs sont déposées à l’emplacement des neuf poteaux par la population de Châteaubriant et de ses alentours.

Dans le discours prononcé par le maréchal Pétain à la radio le soir du 22, nulle condamnation de ces exécutions. Il dénonce au contraire les auteurs d’attentats et enjoint aux Français de se dresser contre eux en les poussant à la délation : « Par l’armistice, nous avons déposé les armes. Nous n’avons plus le droit de les reprendre pour frapper les Allemands dans le dos… Aidez la justice. Je vous jette ce cri d’une voix brisée : ne laissez plus faire de mal à la France. »

Le 23 octobre, le secrétariat général à l’information diffuse un communiqué destiné à apaiser les esprits : « Il est établi que les autorités occupantes ne choisissent pas les otages destinés à être exécutés parmi les personnes arrêtées après un attentat, mais parmi les suspects internés dont la culpabilité a été nettement prouvée ».

Le 24 octobre, cinquante otages sont fusillés à Souges, près de Bordeaux, à la suite de l’attentat du 21 octobre contre le conseiller militaire Reimers.

Alors que l’autorité allemande pensait faire de la fusillade de Châteaubriant un exemple, elle obtient l’effet inverse. Partout, cette exécution suscite l’indignation et la colère. Elle frappe de manière irréversible la conscience des habitants de la région et l’ensemble de la population française, jouant un rôle important dans la mobilisation des énergies pour combattre l’occupant. Son retentissement est considérable dans le pays comme à l’extérieur.

Cette année, la commémoration se déroulera en deux temps, le samedi 22 octobre à 14h30, l’inauguration d’une nouvelle stèle sur le site du camp de Choisel et le dimanche 23 octobre à partir de 10h avec, aux alentours de 15h, une évocation historique écrite et mise en scène par Jean-Jacques Vanier.

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