Le 14 avril 2015 était inaugurée la salle Jean Borne après une rénovation effectuée par Alain Bublex, artiste et concepteur, accompagné d’Ania Martchenko, scénographe.

Photographie de la salle et de la mezzanine de la salle dite "du Conseil central" du siège de l'Union des syndicats CGT des métallurgistes de la région parisienne au 94 rue d'Angoulême (devenue rue Jean-Pierre Timbaud), dans le onzième arrondissement de Paris. Sa dénomination, en salle Jean-Borne, en hommage au militant mort durant la Seconde Guerre mondiale alors qu'il est incarcéré en Allemagne, est faite après la Libération

Salle Jean Borne, 1938 © IHS CGT Métaux

La salle Jean Borne tient son nom du métallurgiste militant syndical de la CGT et secrétaire de la Fédération des métaux ; né en 1905, il décède 40 ans plus tard en déportation à Büchen.

En raison de ses nombreuses utilisations, la salle Jean Borne fut à plusieurs reprises restructurée, en 1953-1954 puis en 1976. La salle remplit diverses fonctions au cours de son histoire qui modèlent son apparence au fil des rénovations.

À ses débuts, elle fut une salle d’essai des instruments de musique à vent Couesnon. De ce fait, la salle possède une  mezzanine et une bonne acoustique. À partir du milieu des années cinquante, elle est utilisée pour dispenser les cours théoriques de l’accouchement sans douleur, et concomitamment de salle de fête pour célébrer divers événements de la vie tels que les mariages.

Salle Jean Borne avant rénovation, c. 2010 © Eric Barbara pour l’UFM

Aujourd’hui encore elle sert à commémorer et à entretenir la mémoire des militants morts pour la paix et la liberté. Plus quotidiennement elle sert de salle de réunion à l’UFM mais aussi à d’autres organismes du mouvement syndical et associations avec qui l’UFM partage des valeurs. Selon Lucien Grimault, ils constituent des partenaires de l’économie sociale et solidaire. Enfin, la salle est aussi un lieu de diffusion de la culture, des expositions photos habillent parfois les murs et des projections de films y sont régulièrement organisées.

Alain Bublex, sur commande de l’UFM en 2014, a su préserver l’âme de la salle notamment en réinterprétant les œuvres de Jean Amblard sur papier peint. On retrouve ainsi trois œuvres de ce dernier : Femme à la presse, Le marteau pilon et Le four Martin, toutes trois originellement réalisées en 1952 et offertes par l’artiste à la Fédération des travailleurs de la métallurgie. Une liste des métallurgistes parisiens morts durant la Seconde Guerre mondiale est également apposée sur les murs. À cette occasion, le répertoire est enrichi et un dictionnaire est édité par l’IHS CGT Métaux : Métallos parisiens exécutés, morts en déportation, tués au combat (1939-1945).

Femme à la presse, interprétation de Bublex d’après Amblard, 2015 © Eric Barbara pour l’UFM

Le four Martin, interprétation de Bublex d’après Amblard, 2015 © Eric Barbara pour l’UFM

Le marteau pilon, interprétation de Bublex d’après Amblard, 2015 © Eric Barbara pour l’UFM

L’artiste a également su donner une touche de modernité en adaptant le mobilier et en y intégrant un matériel high-tech. Des œuvres métalliques rétroéclairées apportent enfin une note colorée à la pièce.

Mobilier et œuvres modernes habillent la salle © Eric Barbara pour l’UFM

L’inauguration en avril 2015 fut pour Lucien Grimault, alors Président de l’UFM, l’occasion de rappeler que « l’UFM gère un large patrimoine social [dont] l’objectif est de répondre à des besoins en évolution et donc à un patrimoine en mutation. […] Ces projets s’inscrivent dans ce que sera l’UFM demain : bien voir d’où l’on vient, être en cohérence avec les nouveaux besoins, être sur des besoins de société grandissants ».

D’après l’artiste, cette rénovation qui fait référence  « au constructivisme et au réalisme socialiste » donne lieu à une salle « fonctionnellement efficace », et pour le Président, cette restauration illustre l’importance qu’accorde l’UFM à l’Histoire.

Vue panoramique de la salle Jean Borne © Eric Barbara pour l’UFM