présentation de l’UFM en vidéo

D’hier à aujourd’hui…

Les syndicats CGT de la métallurgie du département de la Seine et de la Seine et Oise ont acheté l’ensemble des bâtiments disposés en U en août 1936 pour 2M3 de francs anciens, tout de suite après les grèves du Front Populaire. L’objectif de cet achat était de disposer de locaux suffisamment grands permettant de développer des activités décuplées au regard des dizaines de milliers d’adhérents nouveaux.

Le 94 rue d’Angoulême (à l’époque) était une ancienne usine de fabrication d’instruments de musique en cuivre du nom de Couesnon. De nombreux vestiges existent encore notamment le portail métallique à l’entrée où est insérée une lyre en fer forgé.

Ce patrimoine fut confisqué durant la 2ème guerre mondiale et la milice s’y installa.

Depuis la libération, la rue s’appelle Jean-Pierre Timbaud, qui fut l’un des premiers dirigeants syndicaux de la métallurgie à être fusillés par les nazis à Chateaubriant. Les salles de la maison des métallurgistes portent également les noms de militants assassinés durant la guerre.

A son inauguration le 2 mai 1937, le « 94 » abrite un centre de formation professionnelle agréé par le Ministère du Travail, un bureau de placement, une librairie bibliothèque, un service juridique, une caisse d’assurance sociale, une mutuelle (l’ancêtre de la mutuelle familiale actuelle).

Bref, cette maison devint alors l’un des hauts lieux du syndicalisme de l’Ile-de-France.

Une vie intense y régnait avec la présence d’une partie du centre de santé attaché à la Polyclinique des métallurgistes « Les Bluets ».

Bibliothèque, fêtes, animations enfantines, meetings sportifs et syndicaux étaient conçus comme moyens de rassemblement, de vie culturelle pour les métallurgistes et leurs familles. Le 94 rue Jean-Pierre Timbaud fut surtout un lieu de solidarité entre les différents peuples qui luttaient pour leur libération et leur émancipation.

La première grande solidarité internationale se manifesta avec les Républicains Espagnols en 1936 où des dizaines de camions partaient apporter des vivres, des médicaments, des vêtements sur les lieux même des combats.

D’autres se réalisent avec les peuples Vietnamien, Algérien et différents projets dont un (non abouti)  sur la formation de « formateurs » pour les travailleurs Palestiniens handicapés par des décennies de conflits.

La maison des métallos symbolise l’histoire sociale des métallurgistes, de leurs luttes qui se construisaient autour du concept « le syndicat, c’est aussi la solidarité et la fraternité ».

L’UFM, propriété des syndicats CGT de la Métallurgie d’Ile-de-France, a traversé des décennies en prenant en compte les besoins du moment et aussi en faisant face aux attaques permanentes des gouvernants. Cela a amené l’UFM à prendre des décisions parfois difficiles sur le devenir de son patrimoine : Le « 94 » vieillissant avait besoin d’une rénovation totale et ses locaux devenus trop grands et en partie inoccupés ne correspondaient plus aux besoins de l’activité actuelle.

Ne pouvant répondre à ces dépenses exhaustives,  c’est en 2000 que l’UFM met en vente une partie des bâtiments du « 94 » tout en préservant l’aile droite de 850 m² pour sa propre activité (actuellement siège social de l’UFM).

Cependant, après  plusieurs années de luttes menées par les associations du 11è arrondissement (dont le comité des Métallos) et l’appui de l’UFM qui ne voulait pas vendre à des spéculateurs immobiliers, c’est la ville de Paris qui rachète en juillet 2001 les locaux pour 19 MF.

L’UFM rénove sa partie à hauteur de 4.2 MF à laquelle se rajoutent les coûts de l’équipement informatique et bureautique en rapport avec les besoins des 4 organisations restantes au sein de ses locaux  à savoir : l’AAC, l’USTM 75, l’Institut d’Histoire Sociale de la métallurgie, l’Union Syndicale de la Métallurgie Ile-de-France. L’argent restant de la vente est placé et servira plus tard en partie à la rénovation du centre de Vouzeron dans le Cher.

Le 13 novembre 2001, l’UFM inaugure officiellement ses nouveaux locaux (*) qui comportent également la grande salle de réunion dite « Salle Jean Borne » d’une capacité de 80 places environ ainsi qu’une petite salle au sous sol d’une vingtaine de places. L’usage de ces salles est réservé aux organisations CGT, aux associations du 94 et des organismes partenaires de l’UFM.
En 2008 l’association Confluence Artistique (association culturelle) et l’Union Locale CGT de Paris 11 rejoignent le bâtiment de l’UFM.

Le « 94 », patrimoine historique de l’UFM néanmoins vivant et dynamique est visible lors de journées d’expositions, de manifestations spécifiques, notamment lors des journées du patrimoine.

La partie achetée par la ville de Paris est devenue un centre culturel appelé « La Maison des Métallos ». Les bâtiments ont été restaurés et ont gardé leur âme. La cour intérieure a été baptisée syndicalement en  février 2009 « Cour des Brigades Internationales ». Des partenariats ont été signés entre l’UFM, l’IHS CGT Métallurgie et ce centre culturel. Ainsi, élargi vers d’autres activités, le « 94 » conserve ses valeurs  et vit encore et toujours au service des besoins sociaux.


 

Bernard Cagne (ancien Président de l’UFM)(*)Discours d’inauguration des nouveaux locaux de l’UFM – au 94 rue JP Timbaud – Paris 11, par Bernard Cagne (ancien Président de l’UFM), le 13 novembre 2001 – « extraits »…

« le 94 a été un foyer, un lieu de rassemblement, d’échanges, d’expériences, d’organisation des luttes et de décisions. Une très grande famille.

Après guerre, dans la salle Jean Borne, appelée aussi « l’auditorium », se tenait, un samedi par mois le comité exécutif de l’USTM de la Seine.

Le samedi soir, on ressortait, la musette bien pleine, confortés dans notre travail, avec quelques idées nouvelles dues à la connaissance des différentes initiatives prises par les uns et les autres.

L’Union Fraternelle a eu raison de restaurer cette salle dans son aspect initial. Il faut savoir qu’en 1895, les ouvriers révolutionnaires parisiens se réunissaient déjà dans la salle de l’harmonie au 94 de la rue d’Angoulême devenue la rue qui nous est chère.

Sur le 94 d’après guerre : congrès enfumés, mais pas fumeux du tout, service juridique important, service juridico-médical pour les accidentés du travail, librairie et évidemment nos prestigieuses réalisations sociales, dont nous étions fiers « nous revendiquions et nous réalisions ». Tout cela faisait partie des droits des syndiqués. Il faudrait parler des rencontres nombreuses et fructueuses avec nos camarades de la FIOM de Milan, avec nos camarades de Liège puis avec ceux d’Oslo. Une rencontre des femmes travailleuses de ces régions fut organisée.

Et puis il faut rappeler les bals du samedi soir au bénéfice des prisonniers politiques espagnols, une soirée à la mémoire de Julian Grimau assassiné sous Franco, le bal des Catherinettes, l’hospitalité à nos camarades du Parisien Libéré au cours de leur lutte mémorable, la dernière halte de Benoît Frachon sur le chemin de son dernier voyage, le dépôt provisoire des cendres d’un Communard rapatriées de l’ex-Union Soviétique.

S’ils pouvaient parler, ces murs en auraient à raconter, par contre ils avaient des oreilles, nous étions en permanence sur table d’écoute… Je crois que la décision de la Fédération de laisser au siège de l’UFM aux côtés de l’Association Ambroise Croizat, l’USTM de Paris est une sage décision. Ce qui a toujours été premier dans ces lieux ce sont nos syndicats de la métallurgie, instigateurs et garants de leurs réalisations sociales ».